dimanche 22 mars 2026 - 14:59
Message du directeur des séminaires iraniens au cheikh d’Al‑Azhar : appel à la compréhension mutuelle et à l’unité

Hawzah/ À la suite de la récente déclaration publiée par la direction d’Al Azhar concernant les évolutions actuelles dans la région, le directeur des séminaires religieux d’Iran, l’Ayatollah Alireza Arafi, a adressé un message en arabe au cheikh d’Al Azhar, le Dr Ahmed Al Tayeb. Dans cette lettre, il souligne la nécessité d’interpréter les événements présents dans leur contexte historique et civilisationnel et affirme que la République islamique d’Iran n’a pas été à l’origine des affrontements, mais qu’elle répond à des agressions répétées pour défendre la souveraineté et la dignité de son peuple.

(A.P.Hawzah) –La déclaration d’Al‑Azhar, publiée mardi 26 Esfand 1404 (16 mars 2026), condamnait la riposte militaire iranienne aux attaques américaines et israéliennes, appelant Téhéran à cesser immédiatement ce qu’elle qualifiait de « violations injustifiées contre des pays arabes et islamiques », tout en alertant sur les conséquences dangereuses de ces actions pour la sécurité régionale et la vie des civils.

Appel à une lecture historique du conflit

Dans sa lettre, l’Ayatollah Arafi estime que toute analyse du conflit actuel doit tenir compte de son enracinement historique. Il affirme que l’Iran n’a jamais initié de guerre ou de confrontation entre musulmans :

« La République islamique d’Iran n’a jamais été l’initiatrice d’un conflit entre musulmans. Nous avons toujours respecté les principes de bon voisinage. Aujourd’hui, nous sommes victimes d’une agression manifeste. »

Il ajoute que, selon lui, la communauté internationale peut constater que l’Iran n’a pas déclenché l’escalade en cours, et que ses actions actuelles relèvent de la défense de sa souveraineté après des attaques répétées visant son territoire et ses intérêts.

La centralité de la question palestinienne

L’Ayatollah Arafi rappelle que la cause palestinienne demeure une priorité fondamentale pour la communauté musulmane et que toute lecture des événements qui néglige cet élément se détourne de la question centrale pour ne s’intéresser qu’aux manifestations secondaires.

Il dénonce également ce qu’il décrit comme un silence systématique face aux « crimes commis contre le peuple iranien », évoquant la destruction d’infrastructures, les frappes contre des sites civils, ainsi que l’assassinat de scientifiques et de responsables iraniens. Il interroge :

« Peut‑on ignoré que les forces américaines et israéliennes ont initié cette agression par des destructions massives et effrayantes ? »

Selon lui, ces actions ont entraîné la mort et la blessure de milliers de civils iraniens et la destruction de dizaines de milliers de foyers.

Dénonciation d’un deux poids, deux mesures

L’Ayatollah Arafi critique ce qu’il considère comme un paradoxe dans la prise de position d’Al‑Azhar :

« D’un côté, les crimes commis contre le peuple iranien sont passés sous silence, et de l’autre, la réaction défensive de l’Iran est condamnée. Cela constitue une injustice et un éloignement des principes de la charia. »

Il réaffirme l’engagement de l’Iran en faveur de l’unité et de la fraternité musulmane, regrettant que certains pays islamiques ne dénoncent pas ce qu’il appelle « l’oppression manifeste » visant son pays.

Appel au dialogue et à la coopération

En conclusion, l’Ayatollah Arafi propose un renforcement des liens entre les institutions savantes du monde musulman, notamment entre Qom et Al‑Azhar. Il appelle à un dialogue scientifique équitable et à un débat intellectuel serein afin de parvenir à des visions communes permettant à la communauté musulmane de faire face aux défis actuels.

Sa lettre se termine par une prière demandant que Dieu préserve Al‑Azhar comme « symbole de savoir et de justice » et qu’Il guide la communauté vers l’unité et la vérité.

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